dimanche 18 novembre 2012

Enfin, le Pont Charles

Il fallait bien qu'un jour nous mettions les pieds sur ce pont...

Entrée du pont, rive droite
Sortie du pont, rive gauche




















A Prague, il y a plusieurs associations néerlandophones/flamandophones et l'une d'entre elles, De Lantaarn organise des visites guidées dans la langue de Vondel. Le soir. Voilà une belle occasion de faire connaissance soit avec des compatriotes soit avec nos voisins du Nord.


Le château et la cathédrale vus du PC

La visite de ce mercredi est consacrée au Pont Charles et à Kampa, le quartier très historique et très préservé au pied du pont, côté rive gauche. Un pont et un quartier noirs de touristes en journée et presque déserts après la tombée de la nuit (ici vers 16:30). Il faut ajouter que le soir de notre visite, un temps froid et humide s'insinue dans les os. Un brouillard donne également à Kampa une allure de quartier fantôme qui me fait penser à Jack l’Éventreur. Autre temps, autre lieu mais atmosphère genre Halloween garantie.


Kampa, vue du PC

Tout à droite, le théâtre national

Nous passons sur l'histoire de ce pont, du pont romain qui le précède, sur le récit de la vie des saints présents sur le pont, etc. Rien que Wikipédia ne puisse nous apprendre...

Nous terminons la visite sur le petit pont envahi de "cadenas d'amour" dont la clef est jetée dans un bras de la Vltava. Coutume venue d'ados à Rome nous explique le guide, et propagée dans le monde entier, là où l'on peut jeter une clef dans l'eau.


samedi 17 novembre 2012

Livre de recettes

Enfin, toutes les caisses ont été déballées ! Les livres sont toujours empilés dans le salon en attendant la livraison des étagères mais il ne reste plus que des caisses vides.

Force est de constater que certaines choses ne sont pas arrivées à Prague, dont quelques petits bibelots sans valeur, sauf sentimentale, un classeur avec les cartes de visite glanées au cours de nos 4 années new-yorkaises, mais surtout "notre" livre de recettes. A savoir un grand carnet dans lequel nous avons collés des recettes glanées au fil des lectures et des essais, annotées par nos soins quant au goût, au temps ou à la température de cuisson. Dommage. Et nous ne comprenons pas comment ce carnet a été oublié à NYC alors que les livres de cuisine voisins sont bien là.... Nous penchons pour une caisse oubliée au fond d'un camion. Pas impossible du tout.

Sinon, nous attendons toujours les étagères et la table de cuisine, promise pour ce lundi. Par contre, les chaises, il faudra les attendre encore 3 semaines au moins. La maison n'est pas encore à même de recevoir les amis pour souper ou dormir mais nous ne désespérons pas !


mardi 6 novembre 2012

Rétrécir

La plongée dans la vie quotidienne à Prague, nous amène chez une couturière pour raccourcir et rétrécir. Raccourcir, ça va, c'est zkrátit et c'est prononçable. Quant à rétrécir, c'est scvrknout se. On a donc trouvé mieux que les 5 consonnes de zmrzlina. Et sachant que le "c" se prononce "tse", on rajoute quasi une autre consonne. Inutile de dire que nous avons montré notre petit papier plutôt que de prononcer les mots qui rendent fous...

Apprendre une nouvelle langue n'est jamais facile: outre l'apprentissage de nouvelles règles qui expliquent comment la langue s'articule, de nouveaux mots et de nouveaux sons, il y a aussi tout l'aspect culturel. Une langue est un concept vivant qui évolue et qui reflète les gens qui la parlent. Ainsi, dans son livre Gottland, Mariusz Szczygiel explique que durant l'occupation communiste - dont nous parlerons dans un prochain Pragabondage - le langage reflétait l'impuissance des gens: les voies passives et les pronoms indéfinis, comme le "on" de la langue françaiseétaient utilisés à tour de bras, ou dans ce cas-ci à tour de langue.

Le tchèque a cette réputation d’être difficile à prononcer: je confirme. Outre les deux plus haut, "un doigt" se dit "prst". Mais heureusement, nous avons acheté un petit boîtier pour pouvoir regarder la télévision que nous recevons via une antenne parabolique installée sur le toit pour les 3 appartements de l'immeuble... Histoire de nous familiariser avec cette nouvelle langue.

Nous avons regardé un bout de feuilleton français doublé tchèque (Julie Lescaut). Et dire que nous nous moquions de la "Soupe aux choux" un jour regardée en allemand lors d'un trip sur les traces de Jean-Seb.

samedi 3 novembre 2012

Notre premier concert

En route pour le Rudolfinum, dont nous avons déjà parlé. Splendide édifice néo-renaissance et maison de l'Orchestre Philharmonique tchèque. Une nouvelle série s'est créée cette saison, dédiée à la musique baroque sur instruments anciens. Sans doute savaient-ils que nous arrivions! Tous les concerts de la saison sont donnés par un même orchestre : Le Collegium 1704 sous la direction de Václav Luks. Ne connaissant pas cet ensemble, nous sommes prudents et ne réservons qu'un seul concert, l'inaugural. Pour résumer : nous irons à tous leurs concerts !



Si je vais au concert en tenue de bureau, Jeff met chemise, cravate et cardigan en cachemire noir. Très classe. Je n'en reviens pas. Il est très beau. Il s'est dit que nous sommes "à la campagne" par rapport à NYC, que les gens vont plus vite faire attention à la tenue des autres, et que les spectateurs doivent sûrement "bien s'habiller" pour aller au concert. Et il a raison... Dames en long et en strass, messieurs en costume avec gilet et noeud pap. C'est avec plaisir que la prochaine fois je mettrai une belle robe.

La série s'intitule "Baroque Opera Stars". Elle nous permettra de découvrir des voix pour nous inédites. Et le panel de ce soir est assez exceptionnel avec la soprano Raffaella Milanesi et l'alto Sara Mingardo.

Excellente qualité toutes les deux, la soprano très lyrique, peut-être un poil trop pour le Stabat Mater de Pergolesi et l'alto sobre et émouvante. Et l'orchestre est impeccable lui aussi. Du haut de gamme. Jeff trouve les chanteuses un peu limitées: la soprano est trop "opéra", même si elle ne n'use pas trop de vibrato. L'alto? Erm. Disons que l'appellation "instrument d'époque" pourrait lui être appliquée. Et que tant son agilité vocale que son timbre sont en conséquence: manque de brillance, voix pas assez aérienne et graves un peu charbonnants.


La grande salle de concert, dite de Dvořák (car il dirigea le tout premier concert du Philharmonique en 1896), est de toute beauté, éclatante, resplendissante, comme si elle venait d’être terminée hier. Je la croyais plus spacieuse (1100 places environ) à cause de la hauteur sous plafond. Les spécialistes s'accordent à dire que c'est acoustiquement parlant l'une des meilleures salles en Europe mais à notre goût il y a trop de réverbération. Mais cela ne nous a pas empêché de profiter à fond de ce premier concert à Prague.

Au programme, Ero e Leandro une cantate pour soprano de Händel, un concerto pour hautbois (RV 450) de Vivaldi avec l'excellente Xenia Löffler, le Nisi Dominus (RV 608) de Vilvaldi et enfin le Stabat Mater de Pergolesi. En rentrant nous comparons quelques versions disponibles du "Cum dederit" extrait du Nisi Dominus. Scholl l'emporte devant Jaroussky, Mena ou Bowman.

mercredi 31 octobre 2012

La maison de Charles ...

Ou, dans le vernaculaire local, La Casa de Carli. Oui, il s'agit - vous vous en doutez - d'un restaurant italien. En fait, la maison de Matteo De Carli, chef au parcours international.

Il y a à Prague, quelques journaux en anglais, le plus connu étant l'hebdomadaire Prague Post, qui propose l'actualité du crû traduite pour les personnes qui ne lisent pas le tchèque. Et comme dans tout canard qui se respecte, la rubrique gastronomique tient une pleine page, agrémentée de quelques recettes.

Donc cette fois-ci, il s'agit de la Casa de Carli. Et nous décidons de ne pas cuisiner (pour une fois). Cela nous changera du chou ou de la potée au poireaux.

Comme la ligne 22 qui nous fait descendre jusqu'à Malostranska est déviée, nous prenons le métro, direction Starometska, près de la place avec le vieil hôtel de ville. Direction le vieux cimetière juif, à droite dans Siroka et nous y voilà rapidement.


Photo : Walter Novak
Première constatation: c'est vide! Nous sommes les premiers clients de la soirée. Et il est 19h. Nous nous regardons: un restaurant vide, ce n'est jamais bon signe. Laissons leur le bénéfice du doute. le temps est exécrable ce samedi, avec la neige, la pluie glaçante qui pique la peau. Bref, un temps à rester chez soi au fond de son lit avec une tasse de thé. Le serveur nous dirige, dans un anglais correct, vers notre table et nous apporte les menus, ainsi qu'une page photocopiée avec la liste des vins.

Prague est au milieu des terres: ni le poisson ni les fruits de mer ne sont des spécialités, et donc votre fidèle conteur est en manque. Le menu indique aussi de la burrata, ce qui fait pétiller les yeux de madame. Notre repas est décidé: burrata et tomates cerises suivies du lapin pour elle, monsieur opte pour la soupe de poisson et les pâtes aux fruits de mer.

Le serveur nous apporte un peu de pain maison tout chaud avec trois petits godets: tomate, huile d'olive et sauce au thon. Fort bon. En particulier la sauce au thon, crémeuse et goûtue à souhait. Notre entrée arrive.

Les tomates ne sont pas assaisonnées, et la soupe de poisson ... le poisson semble frais, mais le jus fait plus boîte qu'autre chose. Mais la burrata est très bonne.

D'autres clients se présentent. Nous entendons parler majoritairement anglais. J'ai un commentaire: probablement des lecteurs du Prague Post qui viennent vérifier l'article. Tous les serveurs parlent convenablement anglais. Endroit pour touristes?

La suite de notre repas arrive: là, silence. Le lapin est fort bon, les pâtes fraîches délicieuses. Nous apprécions. Chantal agrémente son bestiau d'un verre de Chianti - piquette du patron qui semble avoir été allongée à l'eau pour en faire passer le goût de vinaigre.

Une fois le secondo piatto terminé, nous optons pour un petit dessert avant de repartir. Madame choisit - ironiquement je le pense - un diplomate, tandis que je pars sur une mousse de châtaigne.  Ils arrivent: ma mâchoire inférieure descend de 20 cm: les parts sont minuscules: deux cuillères à café. Et encore. Mais c'est acceptablement bon.

Nous demandons l'addition: très raisonnable à nos yeux, mais je pense que dans la gamme tchèque, cela doit faire partie des restaurants coûteux.

En conclusion: un chouette petit endroit, où il faut venir pour les plats principaux, pas pour les entrées. Les desserts? Il y a de très bonnes pâtisseries et marchands de glace à un jet de cookies.

En rentrant à la maison via le quartier juif (Josefov), nous passons devant la synagogue espagnole et l’intrigante sculpture de Jaroslav Rona qui rend hommage à Kafka.

La sculpture de Jaroslav Rona
Le lieu choisit pour placer cette sculpture de 4 m de haut est éminemment symbolique, puisqu'il marquait la frontière topographique et mentale entre la vieille ville chrétienne et la ville juive "médiévale". Hommage érigé en 2003 pour fêter les 120 ans de la naissance de FK.

Voici ce que confie le plasticien tchèque à propos de son oeuvre : "J'ai voulu que la statue exprime le déchirement, la division intérieure que l'on trouve dans les textes de Kafka. Alors j'ai décidé de faire deux personnages. Je me suis inspiré de sa nouvelle 'Description d'un combat'. C'est l'histoire de deux personnes, qui font connaissance dans une soirée, quelque part près de Petrin à Prague. Ils se promènent, traversent le pont Charles et dans la Vieille-Ville, celui qui s'appelle K. monte soudainement sur les épaules de son interlocuteur jusqu'à présent admiré. Il l'apprivoise et le prend pour un cheval. Ils traversent des paysages imaginaires, qui naissent dans l'esprit du cavalier."

lundi 29 octobre 2012

En attendant les taquets


A nouveau, un grand silence.... Nous essayons toujours de résister à la facilité de la voiture et  d'organiser notre vie quotidienne au mieux en fonction des transports en commun et de la localisation de "nos" magasins favoris.  Nous y arrivons bien sûr mais cela nous prend beaucoup de temps et nous rentrons tard le soir avec une seule envie : un souper rapide et au lit. 

Quelques caisses se sont vidées depuis le dernier post mais il nous manque toujours des taquets pour finaliser le montage des bibliothèques. Il n'est toujours pas agréable de vivre au salon : toujours pas de rideaux, pour s'éclairer juste une maigre ampoule au bout d'un vilain fil électrique noir et des caisses de livres partout. Les rideaux sont promis pour lundi prochain, sauf ceux du salon...

Nous avons commandé tout le mobilier et accessoires dont nous avons besoin mais la livraison se fait attendre, y compris pour les lampes de plafond et de parquet. Si tout va bien, livraison prévue juste avant Noël. Cette vertu qu’est la patience n'entrait pas dans notre vocabulaire à New York, mais ici, elle revient au grand galop. A part louer une camionnette et partir au dépôt au Danemark chercher les meubles nous-mêmes, que pouvons-nous faire pour changer cette situation ? Alors nous attendons et nous mettons au lit pour lire.

Parmi nos lectures, "Gottland" de l'auteur polonais Mariusz Szczygiel (paru en français chez Actes Sud). Une belle introduction à la manière de vivre et de penser des Tchèques au travers d'une série d'histoires vraies pour lesquelles l'auteur a fait de nombreuses recherches, notamment dans les archives de la police secrète au temps des communistes. Sur la pile également, un essai de l'auteur tchéco-britannique Benjamin Kuras "Czechs and balances - A nation's survival kit".

Nous n'avons rien exploré de spécial pendant tout ce temps, à part la ligne 22 (tram), histoire de voir quelles grandes surfaces jalonnent cette ligne qui passe à un saut de puce de la maison. Terminus : Bílá Hora. Le terminus même que j'avais déjà utilisé il y a plus de 20 ans pour visiter Prague en touriste. Nous avons essayé de retrouver la maison de Milena, la dame qui nous avait accueillis dans son "B&B" mais le coin a été tellement construit que mes souvenirs n'ont pu retrouver sa maison. 

Terminus de la Ligne 22 - Bílá Hora
Autre évènement, un business lunch à la Villa Richter, le long des escaliers qui s'élancent vers le château. Une vue époustouflante sur la ville et sa vallée mais un paysage navrant dans les assiettes. Le poisson de mes voisins avait un look carbonisé, ma roulade de poulet baignait dans une mare de purée mousseline aspergée d'une sauce gluante... Un établissement qui se veut "top notch" mais qui est juste bon pour boire un thé à cinq heures ou siroter un apéro d'avant-spectacle tout en contemplant la vue extraordinaire.







Vendredi soir. Le temps est à la neige. Samedi matin, c'est parti. Néanmoins, nous partons courageusement vers un marché bio dont j'ai entendu parler dans la newsletter de la revue de voyages AFAR. Bien nous en prit. Les aubettes sont nombreuses, bien fournies, les produits sont de très grande qualité. Il y a même du poisson. Seul hic : transbahuter les poireaux et les patates dans le métro et remonter vers la maison. Bah, nous n'aurons pas besoin d'aller au fitness le jour du marché...


Samedi 27 octobre - La gloriette du jardin sous la neige.                                                                                                                A noter que c'est le seul "gazebo" cubiste encore debout à Prague...





dimanche 28 octobre 2012

Heureusement que l'hiver approche

car jamais nous ne serons capables de prononcer correctement le mot crème glacée : zmrzlina, 5 consonnes sans voyelles pour commencer le mot, c'est sportif.

Parfois un mot facile à retenir comme sobota, samedi. Donc en attendant de connaître par coeur tous les jours de la semaine, nous ferons tout livrer le samedi...

Jeudi est pas mal non plus : čtvrtek. Et notre arrêt de tram est sympa aussi : Královský letohrádek, ce qui signifie Jardins royaux. En bas de la rue, la station s'appelle Hradčanská.

Dans les magasins, on s'en sort comme on peut en montrant, en griffonnant, en mimant, façon rébus ou mime Marceau.  Jusqu'à présent, nous avons reçu ce que nous voulions. Outre les traditionnels salutations et remerciements, la première phrase que nous avons apprise ce fut bien sûr "Désolé, je ne parle pas tchèque".

Notre électroménager sera livré samedi prochain. Oui, nous avons dû racheter l'essentiel car on change de voltage et de fréquence de 110 à 220 V et de 60 à 50 Hz. Si notre télé ou l'ordi acceptent volontiers les deux voltages, il n'en va pas de même avec le petit électro.

Ce vendredi était un jour de congé officiel en République Tchèque : Fête nationale. Long week-end où nous avons rongé notre frein car les meubles ne sont toujours pas livrés/montés et nous ne pouvons toujours rien déballer.

Nous essayons aussi de résister à la tentation voiture. Nous avons décidé de nous en passer et devons assumer le fait que tout est fait pour les gens voiturés : centres commerciaux et magasins genre Brico loin en dehors de la ville et peu voire pas de livraisons à domicile. Dans le tram, quand nous transportons les "grosses courses", les gens nous regardent comme des pouilleux. Dans six mois on en rira mais pour le moment ça galère ferme.