dimanche 31 mai 2015

Art belgo-belge (fin) : Maarten De Ceulenaer


Maarten De Ceulenaer
 Changement d'ambiance et d'art.

Maarten De Ceulenaer
Maarten De Ceulenaer














Maarten De Ceulenaer
Pour la qualité de la finition
Marteen De Ceulenaer, jeune designer bruxellois, est venu donner une conférence dans une école d’art, Scholastika. L’école est située dans un des quartiers de Prague sans doute les plus pourris, au coeur d’une nœud de communication où une autoroute urbaine à 6 bandes rencontre un échangeur pour trams et une ligne de métro, le tout avec tunnels puants et passages puant la pisse. Ajoutons-y quelques friches urbaines pleines de détritus, des graffitis et tags sur chaque centimètre des bâtiments délabrés s’écroulant sur les trottoirs crasseux et vous aurez une idée de ce à quoi l’endroit peut ressembler.

Maarten De Ceulenaer
Collaboration avec Fendi
Les locaux de l’école sont localisés dans un immense building qui fut autrefois une station électrique et qui aujourd’hui abrite toutes sortes d’institutions et sociétés actives dans l’art au sens large du terme.
Maarten De Ceulenaer
Collaboration avec Fendi

Maarten De Ceulenaer
Collaboration avec Fendi
Bref, l’endroit n’est pas des plus folichons mais l’entretien de De Ceulenaer avec un des profs de l’école est absolument passionnant. Le tout bien sûr ponctué de photos sur écran géant. Ce gars est déjà célèbre, il travaille avec des galeries spécialisées dans les pièces design à tirage très limité ou avec des grands éditeurs de mobilier comme Cappellini, Moroso ou encore Fendi ou Victor Hunt, la galerie de Bruxelles. 

Maarten De Ceulenaer
Balloon Bowls
Maarten De Ceulenaer
Balloon Bowls en cours de production








Je ne prends pas de photo bien sûr mais je vous en livre quelques-unes prises sur Internet pour vous faire apprécier cet artiste. Il a parlé en particulier de son projet de fin d’études (du mobilier constitué de valises empilées) ; de ses bols-ballons (moulés dans de vrais ballons remplis de plâtre et prenant des formes diverses selon la manière dont le ballon est déposé ou pendu pour séchage) ; de ses chaises, fauteuils et sofas inspirés du développement cellulaire ou encore de son « objet lumineux » en bois ondulé. On ne peut pas vraiment parler de lampe.

Mutation by Maarten De Ceulenaer

Mutation by Maarten De Ceulenaer
Quel étrange contraste entre le lieu de la rencontre et les objets conçus, souvent par l’artiste lui-même car s’agissant essentiellement de tirages très limités. Un nom à suivre assurément. A Bruxelles, il partage un immense atelier avec d’autres designers, c’est Studio with a view, dont voici le site si vous voulez explorer ce monde du design belge : https://www.facebook.com/StudioWithAView


Nomad Light Molecule by Maarten De Ceulenaer
On peut détacher une "molécule" lumineuse,
se promener et s'éclairer avec, puis la recharger sur la base
Grid by Maarten De Ceulenaer

Grid by Maarten De Ceulenaer
 Assurément un nom à retenir.

jeudi 28 mai 2015

Marathon Musical (Suite)


Photo chb
Changement de genre, du swing ! J’adore depuis que, toute petite, j’ai découvert la clarinette de Benny Goodman et l’orchestre de Glenn Miller. Ce soir cela se passe au Musée Technique de Prague où le Swing Band de Jan Matoušek joue entre les locomotives historiques et les belles bagnoles d’antan et en-dessous d’avions anciens et « improbables » dont je m’étonne qu’ils aient pu voler un jour.

Photo chb
Photo chb





















Photo chb
Le lieu se prête absolument à cette musique. Ma tête et mes pieds dansent toute la soirée. Avec 5 saxos (qui sont aussi clarinettes), 3 trompettes, 2 trombones, un piano, une contrebasse, une batterie, une guitare et une chanteuse, ça balance pas mal à Prague. A noter que Jan Matoušek travaille aussi sur des instruments d’époque puisqu’il essaie de recréer le son et les arrangements originaux. Un travail de musicologue contemporain en quelque sorte, pour un résultat magnifique.

Jan Matoušek Swing Band
Ce concert me renvoie aussi à la récente cérémonie de commémoration à Terezin (post à venir). Pendant que l’Amérique et une partie de l’Europe swinguaient, les nazis prenaient pied en Allemagne.


Akademie für Alter Musik Berlin

Nouveau concert, toujours au Rudolfinum. L’Akademie für Alter Musik Berlin sous la direction de Georg Kallweit se produit dans un programme nautique. Là, ils n’y sont pour rien, mais il a plu à verse toute la journée. J’arrive bien trempée au concert. Mais surtout le programme est concentré sur l’eau : en entrée, un extrait de l’opéra Alcyone de Marin Marais, Acte 3, Scène 4 , La Tempête, avec machine à vent et à tonnerre. Puis une suite extraite de « Les Fontaines de Versailles » de De Lalande. Ensuite la Wassermusik de Teleman et pour clôturer le tout, bien sûr, la Water Music de Händel. De nouveau, la programmation ne prend aucun risque et je reste un peu sur ma faim. Pour moi, il manquait un peu « d’âme ». Difficile de définir ce que c’est mais il me manquait cette étincelle musicale qui propulse un excellent concert au rang de concert exceptionnel.

lundi 25 mai 2015

Art belgo-belge (1) : Jean Delville

Marteen De Ceulenaer : Balloon Bowls

Jean Delville
Dans le cadre de "allons découvrir à l'étranger ce qu'on aurait pu découvrir en Belgique" : le peintre Jean Delville (1867-1953), un symboliste de la plus belle eau et le designer contemporain Marteen De Ceulenaer. Deux genres totalement différents découverts dans deux lieux totalement différents.

Jean Delville dans son atelier

Jean Delville s’expose dans une des galeries de la ville de Prague, celle située dans la maison dite à la Cloche de Pierre. Ce bâtiment situé sur la place de la Vieille Ville, est le plus ancien de l’endroit, avec des fondations et rez-de-chaussée datant de la période gothique. Mais le reste a tellement été aménagé et réaménagé que le lieu ne ressemble plus à grand-chose de cohérent.

Galerie hlavního města Prahy
Un monde fou assiste au vernissage et la sono foire complètement, si bien que je n’entends rien des discours et des explications (soit une heure environ) sur ce peintre qui fut, aussi, le Grand Maître d’une loge maçonnique belge.














Les œuvres de Delville sont complétées de quelques œuvres de peintres tchèques de la même veine. Cette exposition a été organisée en collaboration avec le Musée Félicien Rops à Namur et Wallonie-Bruxelles. 

Jean Delville
Jean Delville


















Je dois bien avouer que ce type d’esthétique n’est pas ma tasse de thé mais la photo de Delville dans son atelier (sur l'invitation) me raconte un monde pas si lointain dans le temps (il est mort trois ans avant ma naissance) mais tellement éloigné, culturellement parlant.

Jean Delville
Le Musée Félicien Rops à Namur a organisé une rétrospective Delville : voici le lien pour plus d'info sur ce peintre s'il vous parle : http://www.museerops.be/musee/expo59/

vendredi 22 mai 2015

Marathon musical

Le grand festival musical « Printemps de Prague » a commencé. On pourrait aller 3 fois par jour au concert mais je me contente d’y aller un jour sur deux. Les "stars" internationales répondent présent et les stars de demain s'affrontent dans divers concours.


Premier concert au HAMU, autrement dit l’Académie de musique (niveau Haute Ecole) en face de la baroque église St Nicolas de Malá Strana, dans une magnifique petite salle toute dorée stuquée, dans laquelle la lumière entre abondamment par des gigantesques doubles fenêtres. Sans oublier les prestigieux lustres en cristal qui donneraient un air de palais à n’importe quel taudis obscur.

Hamu (photo chb)
Hamu : la cour intérieure
(photo chb)


























Sál Martinů (photo chb)

Au programme, du clavecin et de l’alto dans des œuvres tout à fait contemporaines si ce n’est un peu de Bach en ouverture et du Vivaldi en bis. Oui, parfois il est bon de sortir de sa zone de confort et de découvrir d’autres trésors musicaux. Pour mémoire, Kristina Fialová à l’alto et Monika Knoblochová au clavecin ont interprété Méditation pour alto et clavecin op. 116 de Zdeněk Lukáš, compositeur tchèque mort en 2007 suivit de la Cadence pour alto solo de Krzysztof Penderecki pour terminer par Méditation et Délice pour alto et clavecin de Jiří Teml, qui est venu saluer le public en fin de concert. Traduction des titres = traduction maison...

Jiří Teml
Ensuite le Bach Collegium Japan, sous la direction de Masaaki Suzuki, se produit au Rudolfinum dans un programme absolument « crowd pleaser » comme disent nos amis US : le concerto en ré mineur pour 2 violons, le concerto en do mineur pour hautbois et violon et deux cantates pour soprano solo : ce soir, une enfant du pays, Hana Blažíková que je connaissais déjà grâce au Collegium 1704 et qui me laisse une impression très positive.

Hana Blažíková


mercredi 28 janvier 2015

Arrigo Boito : Mefistofeles

Le visuel utilisé pour les affiches, programmes, invitations, flyers...
A Prague les amateurs d'opéra ont le choix entre 3 salles : le Théâtre National (Národní divadlo), le Théâtre des Etats, celui de Mozart, (Stavovské divadlo) et le Théâtre d'Etat (Státní opera). Aujourd'hui toutes sont intégrées dans la coupole "Théâtre National". Oui, cela semble un peu compliqué...
Photo issue du site officiel : http://www.narodni-divadlo.cz/en
A la fin du 19e siècle les artistes tchèques et allemands se partageaient le Théâtre des Etats mais les Allemands, souhaitant se montrer à la hauteur des Tchèques qui venaient de s'offrir un magnifique Théâtre National en 1881, se font construire leur propre théâtre, le Neuer Deutscher Theater, achevé en 1888. Il attire l'élite musicale de son temps : Mahler, Zemlinsky, Richard Strauss, Caruso, etc. Il s'auto-dissout en 1938 en tant qu'institution culturelle propre. Passons sous silence les péripéties de l'institution et du bâtiment sous les régimes nazi et communiste...

Photo issue du site officiel : http://www.narodni-divadlo.cz/en
Si un visiteur avait des doutes sur l'origine du théâtre, qu'il regarde les bustes en façade : Goethe, Mozart, Schiller. Que des grands noms de la culture allemande. Ce théâtre sera inauguré par du Wagner (Les Maîtres Chanteurs). C'est ici aussi qu’a lieu la première mondiale de Elektra de Richard Strauss en 1910.

Photo issue du site officiel : http://www.narodni-divadlo.cz/en
L'intérieur, tout de stuc blanc et or entourant des scènes peintes, est d'un beau style néo-rococo, comme en témoigne cette photo ci-dessus. Dans le genre, cela en jette un max. De plus, les sièges sont confortables. Au départ, il y avait 1000 places qui ont été été réduites à 700 pour assurer plus de confort aux spectateurs. Et ce soir nous en avons bien besoin car cet opéra durera plus de 4 heures.

Marco Guidarini

Si je vais à l'opéra ce soir, c'est pour examiner de près cette salle que je n'ai pas encore vue de l'intérieur et aussi pour découvrir cet opéra dont j'ignorais l'existence. Je connaissais bien sûr Boito comme poète et librettiste entre autres de Verdi et Ponchielli, mais je ne le savais pas compositeur. De plus les critiques de cette production sont très positives. A la direction de l'Orchestre du Théâtre d'Etat, Marco Guidarini.

Arrigo Boito
Boito s'est basé sur le Faust de Goethe mais au contraire de nombreux autres librettistes qui ne se sont inspirés que de la première partie de l'oeuvre, Boito, lui, a également adapté la deuxième partie, plus difficile et singulière. Au final, une musique qui ne m'a pas impressionnée (mais bon, la musique du 19e n'a jamais été ma tasse de thé) et un livret assez décousu, une juxtaposition de scènes-clefs mais sans véritable lien entre elles ni de continuité dans les personnages.

Photo issue du site officiel : http://www.narodni-divadlo.cz/en
Le visuel, par contre, du tonnerre: contemporain dans la mise en scène et les décors, contemporain dans l'usage des lumières et des surimpressions graphiques sur un décor dépouillé, légèrement métallique. Plus quelques accessoires pour parfaire l'ambiance, pas vraiment optimiste, même si le diable n'emportera aucune d'âme en son royaume...

Photo issue du site officiel : http://www.narodni-divadlo.cz/en
Dans le rôle très exigeant de Mefistofeles, la basse slovaque Peter Mikuláš, dans celui de Faust, le ténor né en Argentine mais aujourd'hui autrichien Raúl Gabriel Iriarte. La distribution est équilibrée et homogène. Un plaisir. La production n'a pas lésiné non plus sur les moyens : une troupe de ballet, un choeur de garçons et le choeur de la maison même, environ une cinquantaine de chanteurs.

Photo issue du site officiel : http://www.narodni-divadlo.cz/en
 Prochaine première à Prague, le cinéma...



dimanche 25 janvier 2015

Maryleen Schiltkamp

Soirée organisée par et pour les locuteurs néerlandophones, histoire de peaufiner mes connaissances de la langue de Vondel et faire des rencontres intéressantes. Une vingtaine de personnes se serrent autour d'une table chez "Pivo & Basilico". Surtout ne pas y aller car c'est un établissement 100% touristes. Mais il y a quand même une grande cave non fumeur et moins fréquentée, avec une immense table qui permet d'accueillir les groupes à l'aise.

Parmi les personnes que je rencontre pour la première fois, une très sympathique artiste néerlandaise installée à Prague depuis une bonne dizaine d'année, Maryleen Schiltkamp. Sa dernière série de peintures est issue de son écoute de musiciens "classiques", qui sont clairement identifiés dans le titre des oeuvres. En voici trois exemples issus de son site : http://www.maryleenschiltkamp.com/

Maryleen Schiltkamp : Hungarian Legend II (2012)
Based on Z.Kodaly - Cello Sonate Op.8
120 x 100 cm - Oil on Canvas
Maryleen Schiltkamp :
Z Kodály - Cello Sonate Op. 8 - Abstract (2012)

85 x 85 cm - Oil on Canvas

Maryleen Schiltkamp :
Prokofiev Sonate no. 7 part 3 sketch (2012)

40 x 50 cm - Oil on Canvas
De prime abord, pas vraiment le genre de peinture qui me saute au coeur mais quand je vois une des cartes postales de ses oeuvres (carte qu'elle m'offrira), je me dis, sans avoir lu la légende, "Mais là, elle a écouté du Bach"! In vino veritas ? Et oui, et là je suis bluffée...


Maryleen Schiltkamp :
J.S. Bach - Cello Suite IV in E Minor (2012)
175 x 120 cm - Oil on Canvas


lundi 19 janvier 2015

Cabaret littéraire

Un grand silence depuis le délicieux gâteau de Chic Chocolate. Pas grand'chose à se mettre sous la dent, à part du cocooning au coin du feu. Mais là, la Trêve des Confiseurs est belle et bien finie et l'agenda se remplit aussi vite que les caisses de l'Etat se vident.

Les séances de fitness ont repris leur cours, parfois avec du temps acceptable pour sortir, parfois pas. Mais n'écoutant que mon courage (qui ne disait pourtant rien...), la dernière séance s'est tenue sous une pluie battante.

Beau temps - Colline du zoo de Prague

Beau temps

Les chaussures pendues près du pendule de Letna Park. Un samedi par beau temps. Une semaine plus tard sous la pluie...





Au programme cette semaine également, un cabaret littéraire (tchèque) consacré à quelques auteurs de langue néerlandaise, spécialement venus de Belgique et des Pays-Bas pour lire des extraits de leur dernier opus. Une salle de 400 personnes environ, pleine, avec des petites tables juste devant la scène et des gradins plus loin. Chouette ambiance. Tout cela me conforte dans mon impression que les Tchèques sont passionnés de littérature. Faire la même chose à Bruxelles avec des auteurs tchèques ? Pas sûre que cela attirerait 400 personnes deux soirées de suite comme ici.

L'auteur flamand de ce soir, c'est Pieter De Buysser dont il fut déjà question l'année passée pour son spectacle "Book Burning". Le site officiel de l'auteur : http://www.pieterdebuysser.com/fr/

Pieter De Buysser
Sur scène deux présentateurs (et écrivains) qui parleront tchèque, surtout, et anglais, un peu, pour traduire l'essentiel. Malgré mes cours de tchèque que je suis toujours assidûment, je ne comprends pas grand'chose si ce n'est des mots deci delà qui me donnent une vague idée du sujet de conversation. Tandis que les auteurs lisent leur prose, la traduction en tchèque défile sur un écran ou le contraire : les textes traduits en tchèque sont lus pendant que le texte original en néerlandais défile sur l'écran. Le cabaret, récurrent, s'appelle EKG, un cardiogramme littéraire et est animé par Igor Malijevský et Jaroslav Rudis, visiblement connus en Tchéquie et armés d'une bonne dose d'humour. Leurs cabarets sont également retransmis sur la Toile.













La partie littéraire est ponctuée par la musique de Sonja van Hamel : musicienne, auteur-compositeur, dont le style ludique et expressif a plusieurs facettes. En même temps que la musique, des images animées défilent sur l'écran, projetées au départ de très vieilles machines à faire bouger les images comme le zootrope ou le phénakistiscope. Beau, inventif, poétique. Son site:  http://www.sonjavanhamel.nl/

Une soirée à laquelle je n'aurais certainement pas assisté si je n'avais été invitée et une belle surprise au final.