vendredi 11 juillet 2014

Barcelona 1 bis

Suite de notre premier jour. Partout, balcons et ornements en fer forgé, places ombragées et joueurs de boules, vélos "publiques" colorés et végétation luxuriante dans le Parc de la Citadelle.

Photo jfg




Détail de lampadaire








Parc de la Citadelle

Parc de la Citadelle



Nous bifurquons vers le Centre culturel El Born dont l’immense toiture en bois et fer (acier?) a abrité autrefois un marché et qui aujourd'hui protège des vestiges de la Barcelone de 1700. L'accent est également mis sur le siège de Barcelone de 1714, durant la guerre dite de Succession d'Espagne. La Fête Nationale de Catalogne est célébrée le 11 septembre, date de la fin du blocus de 11 mois de la ville. En mémoire des morts au siège de Barcelone de 1714 on leur offre chaque année des fleurs au Fossar de les Moreres, dans le cimetière de l'Eglise Sainte-Marie-de-la-Mer.
El Born, le quartier qui "monte"
En chemin nous croisons l’hommage de la Ville de Barcelone à Picasso.

Hommage de Barcelona à Picasso

Nous plongeons ensuite dans le quartier gothique (Barri Gòtic ). Un bonheur de fraîcheur dans ses ruelles étroites, très étroites, à l’abri du soleil. Le mercure s’étale à 37°… Au programme, la cathédrale (de son nom complet, Cathédrale basilique de la Sainte-Croix et de Sainte Eulalie), l’église Ste Marie del Pi et l’église Ste Marie del mar.


La cathédrale
Sarcophages du couple fondateur de la première église
véritablement chrétienne 
à cet endroit.
Ils ne devaient pas mesurer plus de 1,5 m...


















Bougies électroniques (pour ne pas enfumer les oeuvres ?) et
téléphone pour entrer en contact direct avec dieu (?)

Dans le cloître de la cathédrale, St Georges et le dragon,
toiles d'araignées comprises

Toujours dans le cloître, 12 oies, pour rappeler l'âge de Ste Eulalie
(patronne de la ville de Barcelone) quand elle se fit torturer pour cause de foi chrétienne.
Cloître - L'une des chapelles
Le milieu du cloître est donc un peu caca crado, mal entretenu. Pas très ragoutant, alors que les chapelles latérales tentent de briller de mille feux.

Entrée de Ste Marie del mar
En nous perdant dans les rues du Barri Gòtic, nous découvrons des boutiques de designers d’avant-avant-garde ou des perles de luxe et de volupté comme cette parfumerie vendant des fragrances inédites.





Bijoux d'avant-avant-garde
Bis...





















Notre promenade se termine à la Boqueria, immense marché couvert, qui jette ses odeurs et ses couleurs aux locaux et aux touristes venus via La Rambla, cette longue avenue sinueuse qui relie la place de Catalunya au Vieux port, suivant le lit d'un ancien ruisseau.


Pour notre souper, nous nous mettons en mode « local ». Il paraît que les Barcelonais passent leurs soirées de café en café et grignotent quelques tapas en buvant un verre de vin. Nous faisons de même. En suivant l’avis de notre guide (Cartoville), nous atterrissons notamment dans une ancienne laiterie où nous mangeons des… nachos. Ben oui, du mexicain et non de l’espagnol. Le guide n’était plus très à jour :( Cette habitude de gougouiller de café en café est super sympa et permet de goûter aux spécialités de chacun, qui des anchois, qui des olives, qui du jambon, …
Toujours au fil de cette belle fin d'après-midi :
Au bout d'une ruelle banale...

un charme de placette ombragée 

Une potale locale

Pour plus de photos de Jeff sur notre périple franco-espagnol, voyez son site sur Google :https://plus.google.com/photos/107350583031509691945/albums/6027351109010285665

mardi 8 juillet 2014

Barcelona 1

Jeff m’attend à l’aéroport. Quel immense bonheur de pouvoir le serrer dans mes bras et de passer ma main dans ses petites crolles, de plus en plus blanches. Direction l’hôtel "Catalonia Square". Il est situé à un jet d’olive de l’une des places principales de Barcelone, la plaça de Catalunya, écrin pour les sièges de 4 banques, d'un Inno puissance 10, El Corte Inglés et "hub" pour les transports en commun.
Vue de notre chambre : plaça de Catalunya
L'établissement est parfait, dans le genre hyper-contemporain épuré. Avec des facilités intéressantes, comme ce mini-buffet gratuit à volonté presque toute la journée. Parfait pour manger un bout après avoir déballé les valises et avant d’explorer la ville. Leur site : http://www.hoteles-catalonia.com/en/our_hotels/europa/spain/catalunya/barcelona/hotel_catalonia_square/index.jsp
Le bar et ses annexes, terrasse comprise
Nous décidons de découvrir le « quartier » où nous logeons. Voici quelques photos de notre premier jour. Nous commençons par l’Arc de Triomphe, qui fut autrefois l’entrée de l’Expo universelle de 1888. Une longue avenue abondamment arborée nous mène au site de l’expo - enfin ce qui en reste - comme le Château des 3 Dragons, à l’époque le resto de l’expo.
Photo jfg
Détail - Photo jfg
Détail de l'Arc de Triomphe - Photo jfg



Le château des 3 Dragons
Détail du Château
Au fil de la promenade :
Une entrée d'immeuble vieux style chicos
Un dôme en céramique
Photo jfg









La tour Agbar de Jean Nouvel (pas sûre de trouver ce suppositoire géant très réussi...)

Suite au prochain numéro. Pour plus de photos de Jeff sur notre périple franco-espagnol, voyez son site sur Google : https://plus.google.com/photos/107350583031509691945/albums/6027351109010285665

lundi 7 juillet 2014

Rinaldo

Scan du programme

Au théâtre ce soir, un opéra de Haendel, Rinaldo, sous la baguette de Václav Luks et son Collegium 1704. Au Théâtre des Etats (voir un post précédent), où je file en taxi après mon cours de tchèque.

Le prince Rinaldo et sa belle
Très belle soirée. L’orchestre à son meilleur dans cette première version écrite par Haendel ; une mise en scène qui privilégie l’aspect baroque, féerique et magique de l’œuvre, avec char volant et dragon fumant ; et un casting essentiellement tchèque, homogène même si Marie Fajtová (qui chante Armida) plane largement au-dessus du lot.


Armida (Marie Fajtová) arrive dans son char doré pour f... la m...


De plus, c’est comme au temps de Haendel, avec des bougies qui éclairent la scène, à l’avant-plan. Des vraies bougies, avec flammes qui vacillent et fumées. Je croyais que c’était désormais interdit dans les théâtres pour cause de sécurité… Mais en tout état de cause, l’effet est assez magique car au fur et à mesure que les héros descendent sous terre pour aller secourir la princesse prisonnière, les bougies rapetissent et illuminent de moins en moins. Bel effet pour souligner l’intrigue.



La méchante et ses furies


Trois rôles d’homme (dont Godefroid de Bouillon) sont chantés par des femmes mais cela me laisse un peu sur ma faim. Il manquait qqchose aux personnages. Mais tout est pardonné quand Almirena (chantée par Tehila Nini Goldstein) entame le fameux « Lascia ch’io pianga ». Une très belle page de Haendel même s’il ne la considérait pas comme son meilleur aria dans Rinaldo. L’aria dont il était le plus fier était le « Cara sposa » chanté par le rôle-titre. L’histoire lui donnera tort.


Argante (le méchant) chanté par Lisandro Abadie, très bon aussi.


Sur la scène une foultitude de colonnes en "marbre" qui augmenteront ou diminueront en nombre selon la scène qui se joue et se chante. Et une toile de fond rappelant le lieu où se déroule l'action. Sobre et efficace.


Comme je marche vers l'arrêt de tram le plus proche, je tombe sur un troupeau de touristes pleins comme des outres, titubant et éructant à pleine voix. Changement d’atmosphère radical…

dimanche 6 juillet 2014

Le foot à Prague

Pour le match Belgique-Russie, l'ambassadeur de Belgique à Prague avait invité tous les Belges à venir voir la retransmission du match sur écran géant à la résidence. Temps au beau fixe, écran protégé du soleil et d'une pluie éventuelle, kiosque à bière et stand à frites : tout y était pour se sentir comme à la maison.









Pour le match de 1/4 de finale, l'ambassade avait donné rendez-vous à tous les Belges dans un "Beer Garden" spécialisé dans la retransmission du sport sur écrans géants (au pluriel donc) : le Riegrovy Sady Beer Garden qui tient son nom du parc dans lequel il est localisé. Le parc de Riegrovy Sady est situé dans le quartier de Vinohrady, quartier qui tient son nom des nombreux vignobles d'antan. Donc un coin vert de Prague, sur la colline, avec vue sur la vieille ville basse.

Ma première expérience (mieux vaux tard que jamais) dans un Beer Garden. Où je n'ai pas bu de bière, de peur de devoir trop fréquenter les toilettes... Ambiance très chouette et rencontre avec des Belges que je ne connaissais pas encore.





Locaux, expats, touristes et voyageurs de passage ont soutenu les Diables Rouges avec enthousiasme et dignité. Hélas en vain.

vendredi 4 juillet 2014

Bohuslav Reynek(1892-1971)

Le Sénat, juste en face du bureau, possède une très belle salle d’exposition installée dans un ancien manège et dévolue principalement aux artistes tchèques.

Les affiches annonçant l’expo Reynek m’interpellent. Même si les sujets sur les bannières, posters et affiches qui ont envahi la ville – souvent en format XXXL - sont essentiellement religieux, je suis quand même attirée par les œuvres, dont un des autoportraits de l’artiste.

Tout ce visuel a conditionné mon cerveau qui s’attend à de la peinture grand format. Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il s’agit de gravures en format tout petit petit. A tel point petit que des loupes sont vendues ou prêtées à l’entrée. Certaines gravures sont « colorisées ». Je suis soufflée. Quelle œuvre intense, quelle magnifique découverte.
L'intérieur de l'expo
Le sous-titre de l’expo précise « A Czech genius we were supposed to forget ». Et le dépliant d’expliquer qu’il devait s’oublier vu ses origines (lesquelles ? Aucune info à ce sujet) et la charge religieuse de ses gravures.
Bohuslav Reynek 
Le résultat est étonnant, à la limite entre la gravure et la peinture. Une expression forte, ancrée dans la foi. D'ailleurs il est possible d'acheter une bible illustrée de 105 gravures (en reproduction) de Reynek (pour la "modique" somme de 65.000 CZK, soit environ 2.600 €) . Souvent on a qualifié cet autodidacte de berger de l'âme et de la beauté simple.

Scan d'une carte postale


Une reproduction géante (genre 6 x 8 mètres) de l’une de ses œuvres permet de percevoir les milliers de traits gravés dans le métal. Patient travail de bénédictin pour un résultat universel, hors du temps.

Scan d'une carte postale.
On retrouve ici son amour pour les chats

Assis sur un tabouret à côté de la cuisinière familiale, Reynek grave inlassablement ses petites plaques de métal, posées sur ses genoux. Quand le communisme lui confisque ses terres, il survit en devenant berger et tombe dans une pauvreté extrême, comme en témoignent les quelques photos de son « atelier » au coin du feu.

Il publie également de nombreux recueils de poèmes et traduit des poètes français et allemands en tchèque. Durant l'un de ses travaux de traduction, il rencontre la poétesse française Suzanne Renaud. Trois ans plus tard, il l'épouse. Ils reposent aujourd'hui ensemble dans le cimetière de la Sainte-Croix près de Havlíčkuv Brod.


mercredi 2 juillet 2014

Le quartier Baba

Une promenade avec l'association De Lantaarn nous mène aujourd'hui dans ce coin très spécial de Prague, dit le quartier Baba. Sa dénomination provient du nom d'une tour en ruines à son extrémité, la tour Baba. Après les lignes ondulantes de Prague la gothique et de Prague la baroque, nous plongeons dans la Prague fonctionnaliste, avec ses lignes droites et ses volumes simples. La quarantaine de villas sur cette colline de Prague jouissent d'une splendide vue sur la ville.



Photo : Piet Schepens
Avec comme modèle le Werkbund allemand, un projet du gouvernement né en 1907 et visant à combiner les arts traditionnels avec les techniques de production de masse (et qui donnera naissance à la fameuse école du Bauhaus), un Czech Werkbund voit le jour en 1920. Il décide en 1928 de construire des maisons unifamiliales de 1 ou 2 étages dans le quartier de Baba, sous la supervision de l'architecte Pavel Janák, qui dessine également le plan des rues. 

Le quartier en construction
Trois générations d'architectes tchèques concevront les maisons. Parmi les plus anciens on retrouve Janák et Gočar (venant du cubisme), parmi ceux du milieu Jan Linhart et Oldřich Starý, suivant scrupuleusement les principes puristest du fonctionnalisme et enfin parmi la jeune génération on retrouve quelqu'un comme Ladislav Žák. L'architecte néerlandais Mart Stam sera le seul non-tchécoslovaque parmi les 19 architectes. Et une seule femme : Hana Kučerová-Záveská qui concevra la villa Balling. Nous avons dû la deviner tellement elle est aujourd'hui cernée de hautes haies.

Villa Balling

Le crash boursier de 1929 n'arrange pas les affaires et la construction commence réellement en 1932. Mais entre-temps l'idée de départ (construction standard avec un peu de personnalisation) a radicalement changé et chaque maison sera unique, comme voulue par le client en accord avec l'architecte choisi. Ce "lotissement" qui se voulait abordable et pour tous les ouvriers deviendra un quartier pour Pragois nantis et férus d'architecture contemporaine (médecins, éditeurs, écrivains à succès, artistes en vogue, industriels, fonctionnaires de l'Etat, architectes, ...). Chacun voulait une maison originale et non un "pavillon de banlieue" identique à celui du voisin.


photo (c) Robert Rambousek
Quand la guerre éclate en 1940, le quartier n'est pas tout à fait fini mais reste plus ou moins intact dans une Prague occupée par les nazis. Mais comme on peut le penser, le communisme mettra tout en oeuvre pour faire oublier ce quartier "bourgeois", leur rappelant cette Première République Tchécoslovaque (1918-1938) qu'ils haïssaient tant. 


photo (c) Robert Rambousek
Aujourd'hui peu de maisons ont gardé leur caractéristiques originales. la plupart d'entre elles ont l'objet d'ajouts, parfois massifs, voire carrément de reconstruction. Depuis 1993, le quartier est classé.

Une des villas de Gočar

photo (c) Robert Rambousek
La promenade se termine au bas de la colline, dans un "fleur" de l'architecture stalinienne de luxe, l'hôtel Intercontinental, aujourd'hui Crown Plaza. Le peuple pouvait se loger dans 35m² pour 4 mais en voyage, les dirigeants s'offraient le grand luxe.




La réception

L'entrée du bar Armstrong, où nous boirons une bière à prix d'or

Le plafond dudit bar