samedi 16 février 2013

Chocolate Passion

Mon club de vieilles comme l'appelle Jeff se réunit pour une fin d'après-midi chocolat au siège de l'association. Aux commandes, deux jeunes femmes intelligentes, passionnées par le chocolat, qui savent de quoi elles parlent.

Le chocolat en pellets fond plus vite qu'en gros bloc
Introduction historique au chocolat, petit film montrant les étapes qui mènent de la pollinisation manuelle d'une minuscule fleur à la confection du chocolat, en passant par l'ouverture de la cabosse, au séchage et à la fermentation des fèves, à leur calibrage, à leur classement qualitatif et à leur transport dans les usines de transformation. Mention est abondamment faite du beurre de cacao et de son indispensable présence dans un chocolat de qualité (au lieu de l'habituelle huile de palme, bon marché certes mais me foutant des aigreurs d'estomac). 

Quasi l'unique "machine" de leur atelier. C'est vraiment du cousu main !
Nos deux chocolatières sont hongroise (Melinda) et tchèque (Veronica). Le mari de l'une d'elles est belge. Voilà qui explique sans doute pourquoi elles ont choisi le chocolat et non la pâtisserie... Elles ont étudié en Belgique car c'est l'un des rares pays qui forment les chocolatiers dans une "vraie " école.

Suit la démonstration, l'explication des températures idéales selon le type de chocolat (blanc, lait, noir), du taux d'humidité indispensable, et autres secrets de fabrication.

Refroidissement plus rapide sur plaque de marbre. 
 
en agitant le chocolat dans tous les sens, en des gestes amples et souples

Utilisation d'un moule "dur" (jamais de silicone conseillent-elles), une ou deux couches de chocolat selon le fourrage souhaité, faire refroidir le moule à l'envers afin d'éviter que le chocolat ne se concentre dans le fond des alvéoles au détriment des parois devenues trop fines, ... bref un travail d'horloger.


Préparation d'une tablette de chocolat, qui sera garnie de quelques fruits séchés, leur spécialité. Après la démonstration deux apprenties chocolatières du groupe se lancent dans la confection d'une tablette, elle aussi garnie de fruits.


Les pralines sont fabriquées sur commande uniquement car elles se sont lancées depuis quelques mois à peine et n'ont pas encore de nombreux points de distribution, ni de boutique à elles. Le chocolat qu'elles utilisent vient de chez Callebaut. C'est belge, non ?

La bonne praline n'est pas encore entrée dans les moeurs locales. Elles auront aussi un travail pédagogique à faire et tout le monde les sent prêtes à des merveilles. Succès ! Melinda et Veronica le méritent.

Leur site : http://www.passionchocolate.cz/






vendredi 15 février 2013

Lucerna Palace

Vu le temps qui a soudainement pris un grand coup de froid, nous prenons notre courage à 4 mains pour une visite guidée du Palais Lucerna, un "it building" dans le centre de Prague, près de la grand place náměstí Republiky. Heureusement la visite sera fera essentiellement à l'intérieur de ce grand complexe de magasins, salle de cinéma, salle de bal, restaurants et cafés, club de jazz, bureaux et apparts de luxe et qui occupe tout un pâté de maisons avec plusieurs entrées et sorties.


Il a été conçu et financé par le grand-père du Président Vaclav Havel. Construction achevée en 1921 après avoir connu un sérieux retard à cause de WWI. Ce mogul de l'immobilier a également fait construire les célèbres studios de cinéma Barrandov début des années 1930. 


Quand le guide explique, il faut s'accrocher car le grand-père, le père et le fils portent tous le même nom (normal...) mais aussi le même prénom : la tradition tchèque voulait que l'on nomme le fils aîné comme son père. Pas facile pour les recherches généalogiques. Dans la famille Havel, cela s'est terminé avec le president, qui n'a pas eu d'enfant.


Nous commençons la visite par la sculpture dont nous avons déjà parlé, le chevalier à l'envers sur son destrier, le tout pendu à l'une des coupoles de la galerie, du plasticien David Černý, enfant terrible de l'art tchèque d'aujourd'hui. La sculpture est censée y rester jusqu'à ce que le pays redevienne une monarchie... Ça, c'est typiquement de l'humour tchèque.

David Černý
L'une des entrées du cinéma :


Une autre entrée, qui fait d'abord passer les spectateurs par le foyer (aujourd'hui un café). Au fronton  les lettres "bio" car les premières salles de cinéma étaient appelées des "biografs"nous explique le guide. D’ailleurs en néerlandais, ne dit-on pas "bioscoop" ? Étymologie à vérifier.


Le vocabulaire décoratif des différentes salles est très éclectique, des éléments "art nouveau" côtoient des masques renaissance ou des angelots baroques. Tout y est toujours d'origine, y compris les lumignons. "Lucerna" signifie "lanterne" et là aussi la décoration y fait abondamment référence.



Les sièges sont confortables et l'on a suffisamment de place pour ses guibolles. D'abord une photo de la salle de cinéma piquée sur le site Internet du complexe, puis une photo de Jeff. Réalité moins glorieuse et absolue nécessité d'un petit rajeunissement technique... Qui est prévu.





La visite se poursuit par la salle dite des marbres, essentiellement une petite salle de bal où de très nombreux Pragois ont appris à danser. La coutume du bal des débutants est encore vivace ici, dans la grande tradition des bals viennois.

Un des vitraux dans la cage d'escalier qui rejoint la Salle des marbres

la Salle des marbres
Cette salle des marbres n'en contient pas un gramme. Les colonnes sont en béton parachevé façon marbre, y compris au toucher. A s'y méprendre tellement c'est bien fait.


Nous visitons ensuite la grande salle de bal (3000 personnes peuvent s'y retrouver), qui sert aussi de salle de concert ou de salle de conférence. Tout y est modulable, y compris les lustres qui sont entreposés dans d'immenses réserves. Là aussi un p'tit coup de neuf serait le bienvenu. De loin, cela a l'air correct mais de près... Les velours sont rongés, les tables seraient d'avantage à leur place sur une aire de pique-nique d'autoroute, les chaises sont en plastique bon marché, cela pue l'eau de javel, les bars coincés dans tous les coins disponibles sont entourés de contre-plaqué même pas peint... Bref, un investissement sérieux permettrait de rendre à ce lieu son cachet d'antan. C'est aussi au programme paraît-il.



La petite salle de concert (jazz)
La visite en valait la peine car des portes habituellement fermées au public se sont ouvertes pour nous.

Dernier élément surprenant de la visite : les ascenseurs dits "paternoster."


Voici ce qu'en dit Wikipédia :

Un paternoster est un ascenseur continu. Il se compose d'une chaîne de cabines ouvertes dans lesquelles les passagers montent ou descendent sans que l'ascenseur ne s'arrête. Une fois arrivée en haut de la chaîne, chaque cabine redescend jusqu'en bas pour reprendre son ascension, sans fin dans un mouvement assez lent. 
Le nom des paternoster vient de la prière le Notre Père ("Pater Noster" en latin) qui s'effectue sur un chapelet. C'est l'analogie avec le chapelet qui a donné le nom. 
Les paternosters ont été inventés en  Angleterre et se sont répandus dans toute l'Europe, plus particulièrement en Europe de l'Est. Leur succès était dû à l'origine au fait qu'ils transportent plus de personnes par unité de temps que les ascenseurs classiques.

Cette dernière caractéristique n'est bien sûr plus valable aujourd'hui avec la nouvelle génération d'ascenseurs supersoniques. A Prague, les paternosters sont précieusement conservés comme témoignages historiques.




mardi 12 février 2013

Café Francophone

Pour les fonctionnaires tchèques désireux de pratiquer leur français, le Ministère des Affaires Etrangères organise tous les mois un "Café Francophone". Autour de petites tables, on y parle de tout, de rien, de culture, des sites à visiter ou de bons restos. Toujours en français. Belle initiative. Les fonctionnaires de tous les ministères y sont les bienvenus. C'est ainsi que ce mercredi, je me retrouve parmi des fonctionnaires des affaires étrangères, des affaires sociales et de la culture.




L'ambassadeur et moi y allons chacune à tour de rôle. Nous prévoyons d'y faire déguster prochainement quelques bonnes bières belges. La nourriture et les boissons sont assurément un moyen facile de traverser les frontières culturelles.


Le Ministère tchèque des Affaires Etrangères est situé dans le magnifique Palais Cernin. D'époque et de style baroque. Situé sur la même colline que le Château de Prague, juste un poil plus haut encore.





dimanche 10 février 2013

Raclette à Tychonova

Comme vous le savez, je suis inscrite à l'atelier "Gourmet Club" de l'IWAP, les femmes internationales à Prague. Essentiellement parce que cela se passe en soirée/début de soirée et que les conjoints y sont les bienvenus.

Jean-François et moi avons donc ouvert notre appartement à l'une des activités, à savoir le "Swiss cheese and wine tasting" suivi d'une raclette suisse, non pas avec les petits poêlons mais avec la demi-roue de fromage que l'on racle sur l'assiette.

Barbara John nous fait découvrir les fromages suisses

La cuisine en cours de préparation
C'est Barbara John, patronne de "Swiss Cheese" qui prévoit les victuailles diverses et l'appareil ad hoc. Nous prévoyons l'apéro, les salades, les patates, les assiettes et tout le bazar pour manger plus ou moins proprement. En vraie Suissesse, Barbara rageait de ne pas trouver ses délicatesses nationales favorites à Prague. D'où l'ouverture de son commerce, en peu en dehors du centre ville mais tout est livrable! A retenir. Hmm, nous n'avons pas encore préparé notre fondue annuelle. C'est le moment météo !

Barbara en pleine explication.
La soirée commence par une dégustation de fromages. Barbara nous apprend que l’Emmenthal n'est pas français mais bien suisse! Elle ajoute que les Français copient un certain nombre de fromages suisses. Sans succès selon elle.

Nous le dégustons à différents degrés de maturation. Et tant que nous y sommes, nous goûtons également un brie suisse. Superbement délicieux.




















Nous sommes 20 à la maison. Les convives sont vraiment internationaux (USA, UK, Brésil, Portugal, Suède, République tchèque,...). Les bouteilles amenées par Barbara filent à une vitesse folle et notre réserve de même. L'ambiance est joyeuse. La plupart des invites aussi. Quelle descente, les expats à Prague! Et Barbara me dit que s'il y avait eu plus de Tchèques, la réserve aurait encore filé plus vite... Bon à savoir pour notre prochaine activité de groupe.

Oui, la Suisse produit également des rouges !














Le samedi, nous mettons de l'ordre dans l'appartement. Qui, curieusement, ne sent pas trop le fromage. Ou alors nous sommes mithridatisés.

La boutique de Barbara
Au programme du Gourmet Club, une dégustation de chocolat belge avec atelier pralines puis une soirée consacrée aux bières belges. Fiers de notre pays ?

jeudi 7 février 2013

Le carnaval de Venise

Vues les températures sub-hivernales, pour sortir, il faut être motivé. Et nous le sommes! Direction le  Rudolfinum pour écouter le Collegium 1704 sous la baguette de Václav Luks, dont nous vous avons déjà parlé.

Au programme essentiellement de l'italien, représenté par les inusables Monteverdi et Vivaldi. Dans le programme, un petit mot de Madame l'Ambassadeur de Finlande en République tchèque: l'hôte d'honneur est le ténor Topi Lehtipuu. Et non pas, petits comiques, Topi Nambour.




Dans l'ensemble un bon concert, surtout l'orchestre. La voix de ténor n'est pas notre voix favorite et nous avions peur que Topi cale. Mais il s'en sort honorablement à nos yeux. Malheureusement sans l'étincelle qui fait vibrer nos coeurs: quand il entame le "Si dolce è'l tormento" de Monteverdi - un des morceaux dans le top 5 de mon hit parade perso -, nous ne pouvons nous empêcher de comparer sa prestation à celle de Philippe Jaroussky au Carnegie Hall à New York... No comment.

La Finlande fait partie de mes rêves récurrents. Envie d'aller voir une aurore boréale de tout près. La Finlande semble en choix parfait vu de Prague.

jeudi 31 janvier 2013

Il fait froid !

Quand la neige tombe, qu'elle reste et que d'autres couches s'accumulent par dessus, quand le thermomètre affiche gaiement - 10° C en journée, et bien on ne sort pas, ou contraint et forcé (comme pour aller travailler).

Donc rien de bien spécial à vous raconter.

Si ce n'est une mini soirée dégustation à la Boucherie moderne, organisée par l'IWAP (les femmes internationales à Prague).




Un bien sympathique endroit qui, contrairement à son nom, ne vend pas que de la viande. Mais aussi de goûtus fromages dont les Français ont le secret. Et aussi des vins délicieux à des prix plus qu'honnêtes. Nous sommes - déjà - devenus clients. Et quand on sait que le proprio et son épouse sont français et que l'on peut demander plein de renseignements autrement qu'en petit nègre tchèque, cela décuple le plaisir.

Jean-Paul, le patron
De plus, il y a un coin bistrot avec des plats de type brasserie comme les escargots à l'ail, la bavette à l’échalote ou la tourte au bœuf.